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Critique littéraire : Tu m’aimes toujours ? | Emily Giffin

Source photo : Renaud-Bray.com

Titre : Tu m’aimes toujours? (Heart of the matter V.O)

Auteure : Emily Giffin

Traductrice : Maud Godoc

Pages : 413

Édition : Michel Lafon

Date de parution:  Juin 2012

Genre littéraire : Littérature américaine, Littérature sentimentale.

Quatrième de couverture : À peine la question posée, je commence à y répondre moi-même. Je refuse d’endosser la moindre responsabilité dans son infidélité et pourtant je ne peux nier que les choses ont changé entre nous. J’ai changé. De bien des façons, je ne suis plus la femme qu’il a épousée. Je me remémore les récentes accusations de Nick, tout comme les remarques de ma mère. Je ne suis jamais plus heureuse; au fil du temps, ma passion s’est émoussée; je me focalise sur des détails sans importance… Qu’est-ce qu’elle lui donne que je n’ai pas?

Tessa, jeune mère de deux enfants, se cache derrière mille et une excuses et se voile la face. Son couple n’est plus ce qu’il était, elle s’embourbe dans des détails insignifiants et est tout sauf heureuse. À travers diverses étapes de dépression et d’insatisfaction quant à sa vie, elle découvrira peu à peu ce qui l’exaspère et ce qui la rend malheureuse.

Le coup de foudre sera invraisemblablement l’infidélité de son mari. Nick, celui pour qui elle a tout fait. C’est à ce moment que s’enclenche un regard de conscience, après avoir rejeté la faute sur tout un chacun ainsi que l’amante de son mari, voilà que Tessa se retrouve confronter à elle-même, au changement qui se sont octroyé en elle, et qui ont peut-être sans vraiment en avoir confiance pousser son mari vers la tromperie. Entre un monde où tout est clairement prescrit, qu’arrive-t-il quand la solution n’est pas aussi simple que seulement dire: je le quitte.

Emily Giffin ne déroge pas du style qui ont fait son succès avec des livres tels que Duo à trois (adapté au grand écran), Duo à quatre et autre. Une écriture imposante et très descriptive. Les lieux, les personnages, l’humeur, rien ne nous échappe tant la description est fidèle au sentiment que l’écrivaine veut que l’on ressente, sans pour autant nous l’imposer.

D’un français standard, quelquefois lourd, elle nous expose la réalité d’un couple embarqué dans l’engrenage de la routine et comment sans crier gare cette routine peut devenir un poison. Boulot, école, dodo, où trouve-t-on le temps pour penser à soi, sans pour autant négliger les autres? Telle est la question que se pose Emily Giffin au sein de ses pages.

Ce qui est intéressant c’est le thème de l’imparfait, c’est-à-dire, on démontre que chaque personnage à sa façon est loin d’être parfait, tout comme nous humain. Il est flatteur d’observer un personnage fictif à notre image, dosé de cette petite parcelle imparfaite qui rend les gens attachants.

Tessa est un beau personnage. Une jeune mère perdue dans cette avalanche d’évènements et de décisions qui n’ont pas tourné comme elle le voulait. À travers ses responsabilités, elle cherche à retrouver un équilibre sans vraiment y arriver. Sans se le cacher, bon nombre de personnes se retrouvent dans cette situation. Fragile et forte à la fois, il s’agit d’un personnage auquel il est facile de s’identifier.

La narration au « Je » et en alternance entre Tessa , la femme de Nick, et Valérie, l’amante de celui-ci, est divertissante. On débute avant même la rencontre de Valérie et Nick, avant même que l’infidélité soit commise. Cette pratique nous donne une perspective très différente de l’infidélité sur laquelle nous tirons la gâchette facilement. Cette lecture nous propose un regard plus profond voire même en douceur sur cette notion d’infidélité et les motifs qui poussent à la commettre.

Au lieu du traditionnel schéma, la femme est la victime, l’amante la salope et le mari un « trou du cul », Tu m’aimes toujours nous propose au sein de ses 413 pages, un schéma bien différent que celui utilisé habituellement, et souvent plus proche de la réalité. Ici, nous éprouvons de la compassion pour Tessa, tout en sachant très bien que celle-ci possède ses torts dans l’histoire. Pour ce qui attrait de Valérie, nous sommes compatissant avec elle, qui malgré la situation, malgré les remords qu’elle a pu ressentir, s’est blessée à son tour dans une aventure qu’elle ne désirait pas au départ.

En ce qui concerne Nick, si on lui en veut quelque part, il est difficile de le blâmer complètement, sachant que l’humain est humain, on découvre ses motifs pour l’infidélité, et on en vient à se demander notre propre vision de la chose, et à se dire que les hommes ne sont pas tous pareils. Cet ouvrage nous offre donc un grand regard sur l’infidélité à travers les générations et les différentes opinions.

Ce roman est une bonne lecture féminine, elle nous pousse dans les retranchements de notre esprit et de nos jugements pour nous forcer à réfléchir à l’infidélité, et aux diverses situations dans laquelle celle-ci peut subvenir. Une belle petite note de 7/10, parfois long par moment, mais une lecture qui en vaut la peine. Les admirateurs d’Emily Giffin seront comblés.

Note : 7/10

Prix : Entre 22 et 28 $ V.F , 16,99 V.O

Suite : Aucune

 

 

 

Critique : Le porte-bonheur, Nicholas Sparks

AUTEUR : Nicholas Spark

TRADUCTEUR : Jean-Noël Chatain

ÉDITION : Michel LAfon

PAGES : 408

THÈMES : Romance, Littérature américaine, Destinée.

QUATRIÈME DE COUVERTURE : Quand Logan, soldat en Irak, trouve par terre la photographie d’une femme, son premier réflexe est de la jeter. Il la garde pourtant, poussé par n curieux pressentiment. Dès lors, l’image de cette inconnue l’accompagne partout et étrangement Logan connait une succession de chances incroyable. Des tables de poker au champs de bataille, où il survit à un combat alors que ses meilleurs amis périssent, il semble protégé. La photo serait-elle son porte-bonheur? À son retour dans le colorado, il ne pense plus qu’à cette femme et à son mystère. Persuadé que la retrouver fait partie de son destin, il entreprend un périple à travers le pays. Et si le secret q’elle détenait pouvait changer sa vie?

Logan, ancien soldat en Irak, poursuit une quête. Retrouver la femme sur la photo. Cette photo, cette sorte de malédiction ou bénédiction c’est selon, qui semble l’avoir sauvé durant son périple en Irak. Logan Thibeault se met donc à marcher du Colorado pour se rendre à Hampton où il fait connaissance de Clayton, adjoint au Shérif du comté. Dont il cernera le lien qui le relie plus tard à cette femme.

À Hampton, il découvre aussi qui est cette femme, Élisabeth. Cette dernière s’occupe de sa grand-mère ainsi que son fils. S’en suit une sorte de jeu de confiance entre elle et Logan, comment lui faire confiance, elle qui déteste les marines sachant que Logan en dit très peu sur lui. Comment tout cela finirait-il? Élisabeth prise entre cette force qui l’attire vers Logan, cette réticence fasse à ce qu’il ne dit pas et son ex-mari manipulateur, devra faire des choix tout simplement.

Nicholas Sparks nous a offert plusieurs chefs-d’oeuvre avec Les Pages de notre amour, La dernière chanson et Cher John. Malheureusement, ce n’est pas tellement le cas avec Le porte-bonheur. Son adaptation cinématographique, que je n’ai pas vue encore, est sans doute meilleure que le livre.

Pourquoi? Parce que le lecteur se retrouve dans une espèce de lassitude environ à la moitié de sa lecture. L’histoire fait du surplace sur un bon bout, et surtout nous laisse déçues à la fin. Tous les ingrédients qui font un succès les livres de Sparks sont réunis. Une histoire d’amour, des personnages attachants, un « mauvais garçon», un lourd passé ou autre, mais cela ne suffit pas à faire levé le tout.

Le rythme est lent, saccadé par la narration entre 3 personnages dont on cerne rapidement l’essence et ne nous apprenne rien de nouveau. Nous avons Logan, le soldat revenant d’Irak, un peu déboussolé et pratiquement obsédé par cette photo. Un personnage dont nous ne savons pas grand chose de son passé, mais qui est largement prévisible. À la fin de notre lecture, nous avons toujours l’impression de ne pas le connaître sans pour autant avoir manqué quelque chose.  Clayton est décrit comme un salaud, le stéréotype même du macho avec ses habitudes, sa façon de parler. Élisabeth quant à elle, n’est que la femme douce avec du caractère, mais très naïve.

Ce sont des personnages couchés sur papier d’une façon très stéréotypé qui nous lasse un moment. Nous continuions tout de même notre lecture espérant quelque chose de nouveau, mais surtout pour savoir exactement comment l’épopée de la photo terminera. Somme toute, la déception est grande quand nous lisons l’histoire qui en découle, mais surtout comment Beth vient à l’apprends. Un grand jeu prévisible.

Le dernier chapitre nous donne espoir, et nous laisse sur une fin qui elle nous laisse quelques interrogations, toutefois l’épilogue qui s’en suit n’est pas à la hauteur de la fin. Il nous laisse perplexe, mais surtout nous laisse sur noter faim. Trop cours, trop prévisible peut-être, bref ce n’est pas un livre où la satisfaction est ressentie à la fin de notre lecture.

Le porte-bonheur ne fut pas aussi bon que présagé, il ne s’agit pas d’une mauvaise lecture, mais les admirateurs de Sparks à moins que je ne m’abuse, seront déçu si ce n’est pas déjà le cas. C’est un livre qu’on ne lit qu’une seule fois. À noter que le fait d’en faire la lecture tout de suite après Hunger Games n’a peut-être pas été un bon choix.

Ma note : 5/10

Prix:  Entre 22$ et 28$