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Le goût du Paradis, Julie Balian

Source photo : Renaud-Bray.com

On dit souvent que le premier roman est toujours le plus difficile à écrire, c’est peut-être pour cette raison, que ce premier livre de Julie Balian nous laisse un peu sur notre faim.

De prime abord, l’auteure s’attaque à un sujet tabou : les troubles alimentaires. Ce problème très présent au sein de notre société, mais sur lequel il semble mieux de s’abstenir de parler, ou d’écrire. Ce choix de sujet aurait pu avoir de lourdes conséquences sur ce livre de 480 pages. Ce fut tout à fait le contraire.

Ce n’est pas le thème du livre qui le rend pesant à quelques endroits, mais plutôt des chapitres longs qui ne changeraient à l’histoire s’ils étaient supprimés. Au moins deux chapitres pourraient disparaître et le manuscrit s’en porterait beaucoup mieux.

L’histoire porte sur Clarence Paradis, jeune universitaire de 19 ans qui se bat depuis longtemps contre son démon.

« Clarence Paradis, dix-neuf ans, mène chaque jour le même combat : celui de camoufler ses désordres alimentaires. Ironiquement, elle est sur le point d’hériter du “Goût du Paradis”, la pâtisserie de sa grand-mère. Face au dilemme de vaincre ses démons ou de sacrifier le rêve de son aïeule, elle part à l’autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande, où elle croit pouvoir trouver le chemin de la réconciliation avec son corps. » Quatrième de couverture

Page après page nous entrons dans l’univers de Clarence par l’utilisation du « je ». Du déni, au contrôle, à la descente aux enfers et pour ceux et celles qui sont chanceux, le combat dit « victorieux » de ce trouble même si la route est longue, tout y est.

Les personnages sont bien détaillés, malgré la lourdeur du sujet, on s’attache facilement à cet oiseau brisé qu’est Clarence, on aime aussi ses drôles de discussions avec son père et sa voisine de palier Sophie. Ce qui est toutefois navrant, c’est que l’on voit surtout ses échanges vers la fin du livre, peut-être pour démontré que Clarence n’est plus toute seule après tout et qu’elle accepte enfin de s’aider.

Si le quatrième de couverture nous donne l’idée que sa grand-mère lui offre la succession de sa pâtisserie et que c’est face à celle-ci qu’elle décide de se battre. La réalité est tout autre. Il faut attendre à la moitié du livre avant de voir prendre la grand-mère une partie intégrante du récit. La première moitié tourne à l’entour de Clarence et son trouble. Cette façon de faire crée une sorte de séparation.

Cette fausse impression, et cette attente d’une quelconque allusion à Mamie Rose, nous laisse insatisfait, et commence à déranger après avoir lu près du quart du livre. Ce ne fut pas une mauvaise lecture, mais ce ne fut pas une lecture qui a rempli les attentes formées par le quatrième de couverture. Toutefois même si ce livre nous laisse sur notre faim, la fin du récit nous amène plusieurs réflexions.

Je ne vous conseille ni ne vous déconseille ce livre, l’histoire est bonne, sans plus. Elle aurait été meilleure dans un format de 300 pages maximum au lieu des 480 qu’elle occupe.

Ma note sur 10:  7/10

Infos sur le livre : Courte échelle.