Une attitude perdante, c’est ce qu’avançait Michael Cammalleri avant son départ, et c’est tout le contraire que le Canadien nous a montré depuis.
Nul n’est l’intention ici de mettre tout le blâme sur le joueur, car même s’il s’agissait d’un « problème » chez le Canadien, l’équipe à encore beaucoup à corriger. Sauf qu’il est permis de dire que son départ change beaucoup de choses.
On ne peut se fier à seulement deux matchs, il est vrai que c’est beaucoup trop tôt, mais on ne peut ne pas le remarquer. L’équipe affiche une attitude gagnante depuis le départ du numéro 13. Son égo connu de tous faisait mal à la troupe, très mal.
Il est clair que plusieurs ne s’entendaient pas avec la prima donna qu’est Cammalleri. Le premier étant Tomas Plekanec. Ce dernier vient de connaître ses deux meilleurs matchs de la saison, sans pression, gagnant des mises aux jeux, se rendant au filet, bref le Plekanec que nous croyions avoir signé cet été. Il avait d’ailleurs déjà lancé une flèche, à l’ailier sans le nommer, en stipulant qu’il lui importait peu avec quels joueurs était composé son trio.
Une information est venue faire écarquiller les yeux de certains, il se pourrait fortement que Michael Cammalleri se rendît souvent au bureau de l’entraîneur — voir ici Jacques Martin — et lui demandait semble-t-il de le jumeler avec tel ou tel joueur connaissant du succès, dernièrement il s’agissait de David Desharnais. C’est le genre de chose qui se sait rapidement dans un vestiaire… Rien pour améliorer la chimie.
La direction du Canadien nous a menti en nous assurant que la chimie était excellente entre les joueurs. Si tel avait été le cas, le Tricolore ne serait pas en 12e position en ce moment, nous n’aurions pas eu droit non plus aux déclarations de l’ancien numéro 13, et surtout nous n’aurions pas une saison aussi rocambolesque que celle-ci.
Déjà deux parties jouées sans l’attaquant, et le Canadien semble détenir une attitude de gagnant. Il est possible de voir les joueurs jouer ensemble, se trouver sur la glace sans se regarder, s’amuser, mais surtout pratiquer le sport de la bonne façon. On dirait qu’un poids sur les épaules vient tout juste de tomber. En fait, la Ste-Flanelle joue enfin de la façon dont elle était sensée débuté cette saison.
Un égo aussi grand avec autant de demandes créera sans aucun doute à long terme soit de la jalousie ou de la frustration. C’est exactement ce qui se passait. Il exaspérait ses coéquipiers. Si une équipe n’est pas unie, il y a peu de chance qu’elle obtienne les grands honneurs. Le trio marquant 9 points hier soir, Pacioretty, Desharnais et Cole allaient bien au début de l’année, et sans aucune raison, il fut démantelé. La raison est simple, Jacques Martin a abdiqué et donné à Cammalleri ce qu’il demandait, jouer avec Desharnais. C’est ce genre de décision qui a sonné sa fin, et la noyade du Canadien.
Si l’ancien numéro 13 y était pour beaucoup pour l’animosité au sein du vestiaire. Il est toutefois inconcevable que tous les déboires de l’équipe soient imputés à Michael Cammalleri seul, si tout nous porte à croire qu’il fut tout de même un pion important, la direction est grandement à blâmer.
Pourquoi la direction est-elle à blâmer? Parce que la glorieuse équipe que le Canadien était, n’est plus, le respect de la direction envers les joueurs n’existe plus. La classe dont était doté le Tricolore est disparue. Combien de fois Pierre Gauthier nous a assuré que le dossier Markov allait bon train et que le défenseur était pile sur l’échéancier?
Combien de fois l’organisation nous a menti à propos des blessures cette saison? Le meilleur exemple étant Brian Gionta, blessé supposément au bas du corps, l’aine plus précisément. Faux, nous avions vu que Gionta s’était blessé au bras la première fois. Lorsqu’il est revenu la semaine dernière, un match seulement, pour finalement se faire opérer le lendemain. Le verdict : une déchirure du biceps, sa saison est terminée.
La direction a manqué de classe lorsqu’elle n’a passé qu’un coup de fil pour annoncer le congédiement à Jacques Martin. Encore plus lorsqu’elle a sacrifié Perry Pearn quelques semaines auparavant. Le Canadien a aussi manqué de classe en jetant Randy Cunneyworth dans la gueule du loup au sujet de la langue française. Le président Geoff Molson et le directeur général se relançant la balle dans le dossier.
Le 7e étage commet l’une après l’autre les gaffes, et celles-ci sont en train de faire très mal à l’organisation. Au sein de la ligue nationale, les gens « jasent » et pas nécessairement pour les bonnes choses. L’équipe devient peu à peu la risée du circuit. Les Molsons tentent de rectifier le tir, peu à peu, le Canadien essaie de corriger les erreurs des dernières années.
Cette réparation ne se fera pas en quelques jours, nous partisans devront être patient, peu à peu le Canadien entre dans une nouvelle ère, et devra se reconstruire. Pour la première fois depuis belle lurette, l’organisation fait confiance à ces jeunes. Mais elle se devra de bien encadrer ses jeunes, bien les développer. Elle devra faire preuve d’un peu plus d’humanisme et arrêter de regarder les joueurs comme des signes de dollar, il s’agit aussi d’humain.
Si le Canadien vient de se débarrasser d’une « pomme pourrie » niveau caractère en Michael Cammalleri, le chemin de la rédemption est loin d’être atteint. Les signes sont encourageants, mais il nous faudra être patients, éviter d’avoir un vestiaire divisé à nouveau, mais surtout garder une attitude de gagnant.
