Alexandra Philibert

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Do you speak french?

| 2 commentaires

Sainte-Flanelle

Est-ce que plusieurs me jetteront une pierre pour avoir écrit mon titre en anglais? Parce que je suis prête à les recevoir… Il semble que pour bon nombre de partisans, il est inconcevable d’avoir un coach unilingue anglophone à Montréal. Pour moi, ce débat est de moins en moins d’actualité.

En fait, ce débat a toujours existé, toutefois, il me donne l’impression d’être utilisé à mauvais escient, mais surtout au mauvais endroit. Si la préservation de la langue française dans une province telle que la nôtre est importante, le débat parfois se retrouve porté par un sujet qui dépasse un peu la simple « préservation ».

Il y a une différence entre préserver sa langue pour les bonnes raisons et le faire par pur individualisme. Le premier argument qui est souvent amené est celui-ci : « Le peuple québécois s’identifie au Canadien de Montréal, il a donc besoin de dirigeants qui parlent sa langue. »

Comme dirait les Anglais : I beg to differ. Quelle langue le Québécois commun parle de nos jours? Il parle le français, l’anglais, l’italien, l’arabe, le grecque, et toute autre langue. Le Québécois d’aujourd’hui parle plusieurs langues, il vient d’endroits différents. La réalité du Québec n’est plus la même que lorsque le Canadien de Montréal s’est amené dans la province. Ça frise pratiquement la discrimination, si ce n’en est pas, de prendre comme argument la langue parlée de Cunneyworth pour dire qu’il ne peut être entraineur-chef du club.

Il est vrai que l’équipe fut fondée en réponse à la présence d’équipes anglophones au sein de la métropole, pour « donner une voix au Canadien français. » Pourtant à ses débuts le Canadien n’avait que 3 joueurs francophones… où est la représentation francophone ici? Et en ce moment, où est la représentation francophone, le Canadien ne compte que Desharnais, Leblanc et Darche comme Québécois.

Pourquoi alors s’insurger contre le fait que l’entraîneur ne parle que l’anglais? Allons-nous au Centre Bell pour voir l’équipe jouer, ou l’entraîneur diriger? La langue première du hockey est l’anglais, même au sein des rangs juniors, et cela ne semble pas déranger la population alors pourquoi chez le Canadien cela dérangerait?

Il est facile de comprendre l’emblème que le tricolore a pu à travers les années pour le Québec. Les Québécois et la Ste-Flanelle ont une histoire étroitement liée. Par contre, cet emblème se doit d’évoluer lui aussi. Le Québec n’est plus seulement francophone, il n’a jamais été simplement francophone. Les Anglais et les allophones en font partie, et ont tout de même contribué à la construction de cette nation.

Le Québec a toutefois changé, et tout le monde se doit de s’y adapter. Je ne vois pas en quoi il ne serait plus possible de s’identifier au Canadien. Combien d’ethnies différentes vivent maintenant depuis plusieurs générations ou sont nouvellement arrivées au Québec? Beaucoup. Combien sont allés à l’école avec des Russes, Tchèques, Américains, Finlandais, Italiens et autres? Plusieurs d’entre nous. Alors pourquoi serait-il impossible de s’identifier au club à cause d’un entraineur anglophone, lorsque l’équipe comporte elle aussi diverses ethnies comme notre Québec en possède maintenant?

L’argument de l’identification ne tient donc plus. Par la suite, il ne faut pas non plus considérer l’équipe du Canadien de Montréal comme une possession publique. Si son public cible est le public québécois, et une clientèle fortement francophone, il n’en est rien, le Canadien de Montréal est une entreprise privée. Elle appartient à des dirigeants qui pour le premier but est le profit. C’est là toute la différence.

Pour amener ce profit, l’entreprise doit faire en sorte que la machine fonctionne, et surtout que l’équipe gagne. Si les victoires sont absentes, la clientèle achètera moins, et le profit sera revu à la baisse. Il ne faut donc pas oublier que même si l’équipe est une institution, un emblème pour le peuple québécois qui amène à la nostalgie, il s’agit avant tout d’une entreprise privée.

 Sur Twitter, Stéphane que l’on retrouve sous le pseudonyme @Ballescourbes, y est allez avec une constations très réaliste : C’est drôle, élire une députée anglophone ça passe, mais un coach de hockey, ça, c’est un deuil national? Misère…

Ce qui est le plus frustrant dans tout ce débat, c’est qu’il devrait se retrouver ailleurs. Ça me fâche de voir que la population québécoise s’insurge plus contre un entraineur unilingue anglophone, qu’un gouvernement qui laisse la présentation d’un député ne parlant qu’une seule langue et de surcroit l’anglais, à même une circonscription francophone. Pourquoi les Québécois laissent-ils tomber l’importance du débat de la langue française dans des sphères politiques ou autres, où l’importance du débat y ait. Par exemple l’affichage, ou les PDG d’entreprises publiques qui sont unilingues.

Pourquoi le Québec se sent plus concerné par une équipe sportive que par ceux qui les gouvernent? Ça me dépasse et je grince des dents si quelqu’un amène l’argument de l’élite. De base, Jean Charest, Mulroney, Lévesque et autres, étaient tous des êtres comme vous et moi. Non des êtres d’intelligence supérieure.

Ne vous méprenez pas, le débat sur la protection de la langue française est légitime, c’est l’endroit où il est préconisé qui ne fait aucun sens. Si le débat est légitime, il ne fait juste aucun sens que la société se sent plus interpellée quand le débat concerne le Canadien de Montréal que le gouvernement. Parce qu’avouons le, entre les deux, qui gèrent votre argent et prennent des décisions qui VOUS concernent, et qui auront des IMPACTS sur votre vie? Le gouvernement.

Pour en revenir sur le Canadien après ce long texte argumentaire, en avançant que Randy Cunneyworth ne devrait tout simplement pas être entraineur-chef par INTÉRIM ( voir ici de façon temporaire) , pour la simple et unique raison qu’il ne parle qu’anglais, il s’agit de discrimination.

Pourquoi ne pourrait-il pas être un excellent entraineur avec le club sous prétexte qu’il est unilingue?

Et vous, si votre employeur vous disait que vous ne pouvez être performant ou embauché à cause que vous ne parlez simplement que le français, comme seule explication, même si vous êtes  amplement qualifié pour le travail demandé, comment réagiriez-vous?

Posez la question, c’est un peu y répondre. Cette situation arrive souvent, simplement par le fait que certain ne parle que français, d’un côté comme de l’autre, il s’agit de discrimination.

La langue sera toujours un sujet dangereux au Québec, mais n’oubliez pas, que ce Québec est en constante évolution, et que surtout le français mérite d’être protégé, mais de la bonne façon. C’est maintenant au Québec de mener les bons combats aux bons endroits.

Comme disait Jean-Michel Desgagnés : Lorsque c’est rendu qu’un peuple doit s’accrocher à une équipe d’hockey pour avancer, il y a un problème.

-Alexandra Philibert-

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2 réflexions sur “Do you speak french?

  1. J’adore ton texte et partage ton opinion. :-)

  2. Bien dit Miss!! J’aime ça !! Y en a des gens avec la mémoire courte qui oublie que nous sommes nous mêmes des immigrés…et que le Québec a été construit sur des vagues et des vagues d’immigrations de gens venant de tous les coins de ce système-monde. Comme, d’ailleurs, partout…Ca va faire beaucoup de langues à apprendre pour M. Harper ça! :P En revanche, notre langue définie notre culture et la culture Québécoise et aussi importante que toutes les autres!!
    Solution pour les outrés du hockey: Ramener les Nordiques du Québec. :P C’est devant le gouvernement qu’il faut être fort, revendiquer, tous ensemble.

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